26.03.2011
One of our Thursdays is missing, Jasper Fforde
Attention, la suite contient des spoilers sur les 5 tomes précédents, vous voilà prévenus!
Rien ne va plus pour la Thursday écrite. Non seulement, le lectorat de ses aventures s’épuisent, mais les autres personnages de la série ne l’aime pas beaucoup, Pickwick joue les divas, sa doublure ramène des goblins à la maison et son potentiel petit ami semble avoir un passé très trouble. Si seulement il n’y avait que ça, mais voilà qu’on lui confit l’enquête sur le crash d’un livre, qu’elle se retrouve affublée d’un robot majordome aux sourcils très expressifs, que l’on parle d’une guerre contre les romans « grivois » et qu’elle découvre que Thursday, la vraie, celle du monde réel a disparu sans laisser de trace. Est-elle dans le monde des livres ou le monde réel ? Vivante ou morte ?
Le moins qu’on puisse dire est que j’ai passé un merveilleux moment avec ce nouveau tome. J’ai vraiment adoré.
Le début a peut être été perturbant de ne pas retrouver la Thursday que nous connaissons maintenant si bien mais bien son double écrit tendance baba cool. C’est un peu comme aller voir une pièce et se rendre compte que l’acteur vedette est absent et remplacé pour la soirée par sa doublure. Mais une fois la situation acceptée, le roman reste merveilleux et démarre même très fort avec une scène hilarante où des personnages de « Crimes et Châtiments » ne savent plus à quel nom se vouer.
Ce tome se déroule, presque entièrement, dans le monde des livres qui a été remodelé. La fiction est maintenant une grande île, divisée par genre, les frontières entre ceux-ci étant parfois bien floues. Plus besoin de sauter d’un livre à l’autre (c’est vraiment trop ringard), maintenant si vous voulez rendre visite à la « Lady of Shalott » il suffit de prendre un taxi.
Dans ce tome-ci encore de nombreuses allusions à la littérature, à des auteurs et des romans célèbres. Mais pas de « rencontres » avec les stars de la littérature, avec la Thursday écrite, on est dans une autre catégorie que la célébrissime Thursday Next réelle, catégorie où l’on ne croise pas facilement les grands de ce monde. Ce livre nous fait vraiment explorer le monde des livres, les codes des différents genres.
Un autre petit bijou d’inventivité et d’humour. Je ne me suis toujours pas remise d’une certaine scène où Thursday se retrouve accidentellement dans un champs de mimes (et non, ce n’est pas une faute de frappe). Beaucoup de jolies trouvailles comme par exemple le feedback provenant des lecteurs qui rendent les décors plus précis et donnent aux personnages un physique particulier (Harry Potter n’est d’ailleurs pas vraiment ravi de se retrouver avec la tête de Daniel Radcliff pour toujours).
On retrouve des personnages des autres tomes comme on retrouve de vieux amis. Les petits nouveaux sont vraiment géniaux et finalement la Thursday écrite ne manque pas de personnalité.
Jasper Fforde rend également un bel hommage à ses fans avec un passage sur l’île des fanfictions.
Contrairement aux tomes précédents, j’ai lu celui-ci dans sa version originale. Et même si certaines subtilités, jeux de mots me sont certainement passés à côté, je suis vraiment surprise de découvrir que la V.O. est abordable. J’ai souvent lu des critiques concernant les traductions mais en lisant en anglais je me rends vraiment compte que cela ne doit pas être évident de traduire toutes les subtilités et le style de Jasper Fforde. Un grand bravo aux deux traducteurs qui se sont relayer sur les tomes précédents.
Bref, je ne vais pas vous assommer avec tous les détails qui m’ont plu, il suffit de vous jeter sur le livre les yeux fermés. Un régal. Merci encore infiniment à ma très chère Lily qui m'a fait la surprise de m'envoyer un exemplaire dédicacé par l'auteur himself ! Je t’adore miss !

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13.03.2011
Patchwork 7 - 1er bilan "lectures" 2011
17:50 Publié dans My side of that story | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
21.02.2011
Immortels, Cate Tiernan
« La nuit dernière, tout mon univers s’est écroulé. Et j’ai dû mettre les voiles. Disparaitre. Incy est allé trop loin. Lui, mon meilleur ami, celui avec qui j’ai fait les quatre cents coups. D’habitude, je ne donne pas dans le sentiment. Mais cette fois, c’est différent. Il n’avait pas le droit d’agresser ce type sans raison. Et surtout, jamais il n’aurait dû voir cette marque dans mon cou, que je cache depuis des siècles. Parce que j’ai oublié de vous dire : j’ai 459 ans.
Voilà comment je me retrouve à River’s Edge. Vous m’imaginez, moi, dans un centre de redressement pour immortels qui veulent filer droit ? Passer mes journées à avoir des pensées positives et une alimentation équilibrée…très peu pour moi. Pourtant je dois rester. Je le sens. Ce type, Reyn, je l’ai déjà croisé quelque part, j’en suis sure. Mais où ? Et quand ? »
Avec Nasty, la narratrice de cette histoire, nous sommes loin des héroïnes classiques de la littérature young adult actuelle. Nasty n’est pas vraiment le cliché de la jeune fille innocente, naïve qu’il faut sauver toutes les deux secondes de l’univers fantastique dans lequel elle vient de débarquer. Au contraire, Nasty a toujours vécu dans ce monde, celui des immortels qui pratiquent une forme de magie qui fonctionne en tirant son énergie de la vie de ceux qui l’entourent. Elle en a vu des vertes et des pas mûrs en 459 ans : massacres, viols, épidémies et je passe d’autres joyeusetés du genre. Elle s’est donc fabriquée une carapace d’indifférence et de dureté, se réfugiant dans l’alcool et les fêtes sans fin. Pour oublier le passé et aussi le vide de l’avenir infini qui s’étend devant elle. Jusqu’au jour où le déclic se fait : elle n’en veut plus de cette vie, d’avoir peur et de se réveiller avec le mal au crâne de sa cuite de la veille à côté d’un homme dont elle ne se souvient plus du nom.
En quelques phrases le ton est donné. Nasty s’exprime avec beaucoup de cynisme et sans langue de bois. Son univers n’est pas vraiment romantique et ne fait pas rêver. Cela change, c’est inattendu. C’est ce qui m’a plu dans ce roman de Cate Tiernan. Tout comme les éléments fantastiques de cette histoire, de ces personnages bien définis, tout en nuances, à quelques exceptions près.
Par contre, je ne peux que me désespérer de cette nouvelle mode en « young adults » d’écrire systématiquement des trilogies. Mais c’est quoi cette manie ? J’étais désespérée, à la fin du roman, de découvrir qu’avec le peu de pages qui restaient, il était impossible que l’auteure apporte des réponses et une vraie conclusion à son histoire. Et oui, je l’ignorais en me lançant dans ce roman mais un deuxième tome est prévu au mois d’avril de cette année et le troisième l’année prochaine. Moi qui prends souvent soin de n’entamer une série que lorsque plusieurs tomes sont disponibles, j’en suis pour mes frais. Car effectivement, même si ce premier tome n’est pas un coup de cœur, elle m’a beaucoup divertie et assez plu pour attendre, avec une certaine impatience, de pouvoir lire la suite.

07:20 Publié dans My side of that story | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
20.02.2011
Gloires et impostures de la médecine, Patrick Berche - Jean Jacques Lefrère
"Gloires et impostures de la médecine" est un ouvrage que je ne peux que recommander à toutes celles et ceux intéressés par les origines des connaissances des sciences médicales.
D'une vulgarisation scientifique remarquable, ce livre (comme son titre l'indique) nous fait parcourir des centaines d'années de découvertes, de recherches pas toujours éthiquement correctes grâce à 20 récits. De l'Alexandrie en 260 avant J.C. à la tristement célèbre affaire du sang contaminé en passant par l'invention du stéthoscope ou encore la découverte de l'anesthésie, ce livre est à mettre entre toutes les mains des curieux, qu'ils aient des connaissances scientifiques préalables ou non.
Merci à Masse Critique et Babelio et aux éditions Perrin pour ce livre richement documenté et vraiment passionnant.
08:08 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19.02.2011
The wonderful wizard of Oz, L. Frank Baum
La pauvre Dorothy ! Un cyclone a emporté sa maison, son chien et elle-même dans un pays étrange loin de son cher Kansas écrasant une méchante sorcière dans le processus. Comment rentrer chez elle retrouver sa tante Em ? Une seule solution : demander au magicien d’Oz, à la cité d’Emeraude, d’exaucer son souhait. C’est en voyageant sur la fameuse route de briques jaunes qu’elle rencontrera trois nouveaux amis : l’épouvantail qui voulait devenir intelligent, le bucheron de fer blanc qui voulait un cœur et le lion qui désirait par-dessus tout un peu plus de courage.
Un grand classique de la littérature américaine que ce « Wonderful wizard of Oz » que j’avais depuis longtemps envie de découvrir. Je connaissais bien sur l’existence de la fameuse adaptation avec Judy Garland que je n’ai jamais vu. Même si l'histoire m'était plus ou moins familière tout comme la phrase "We're not in Kansas anymore" du film (c'est un peu comme "Je suis ton père" de Star Wars, même sans avoir vu le film, tout le monde la connait ;-)). J'étais, en réalité, désireuse de commencer par le commencement car "Wicked" de Gregory Maguire figure dans ma PàL.
Je ne peux pas dire que j'ai adoré ce livre, c'est assez enfantin. La psychologie des personnages est quasi inexistante, l’univers mis en place pouvait être très intéressant mais L. Frank Baum ne l’a pas développé, ce qui est réellement dommage. J'espère que "Wicked" va me satisfaire un peu plus à ce niveau. Mais je crois néanmoins que ce roman fait vraiment partie de ces classiques pour la jeunesse qu'il faut avoir lu un jour dans sa vie. Idéalement à lire très jeune pour pouvoir le savourer pleinement.

17:07 Publié dans My side of that story, Sur Whoopsy Daisy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Celle qui n’avait pas disparu de la surface de la terre…
…mais qui avait (enfin) trouvé du travail.
My god ! Cela fait trop longtemps que je n’ai pas mis les pieds ici, que je laisse s’accumuler les commentaires sans réponse et que mes billets sur mes lectures s’accumulent…dans ma tête. C’est qu’après 2 ans de vide intersidérale, j’ai enfin trouvé un boulot. Pas celui de mes rêves s’entend mais un boulot, un vrai, avec le salaire à la fin du mois et le sentiment assez gratifiant que, oui, après tout, je peux être utile. Bref, malgré les heures de trajets en voiture chaque jour, malgré le fait que je parte trop tôt et que je rentre trop tard et trop fatiguée pour faire autre chose que m’écrouler sur mon lit, je suis super contente. Je suis enfin entrée dans ce monde paradoxal où je vais gagner ma vie, où je vais pouvoir m’acheter (beaucoup ) plus de livres que je n’aurais plus le temps de lire désormais.
Je vais essayer désormais de trouver un rythme qui me permette à la fois de travailler mais aussi d’être dans un autre état que celui semi-comateux dans lequel je me retrouve souvent ces jours-ci pour lire toutes les petites merveilles qui s’accumulent sur mes étagères et venir en parler ici et surtout de pouvoir vous répondre dans des délais décents ensuite ;-)
Concernant les billets des participants du challenge Middle-earth, ne vous inquiétez pas, je vais faire tout mon possible pour les suivre et en donner les liens régulièrement.
A bientôt pour quelques billets sur mes dernières lectures. Bisous à tous et toutes qui passez par ici.

17:03 Publié dans That side of my story | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
18.01.2011
Quatre soeurs, 1.Enid, Malika Ferdjoukh et Cati Baur
Parfois, il y a de jolies surprises qui peuvent illuminer une journée, voir une semaine ou plus encore. La jolie surprise de ma journée, de ma semaine et plus encore, c’est cette BD.
« Comme les Trois mousquetaires étaient quatre, les Quatre sœurs Verdelaine sont cinq. »
Le délice des mots de Malika Ferdjoukh accompagné par le charme des dessins de Cati Baur. Comment ne pas avoir un sourire jusqu’aux oreilles en lisant cet album ? Comment ne pas savourer et apprécier les dialogues, la tendresse et l’humour qui sont les marques de fabrique de Malika Ferdjoukh et qui se ressentent dans le moindre trait de Cati Baur.
Je ne vous cache pas que les 4 tomes qui composent « Quatre sœurs » font partie de mes livres « doudous » et que je craignais beaucoup cette « adaptation ». Allais-je y retrouver tout ce qui faisait le charme de ces romans ? La réponse est Oui, cent fois Oui. Bien sur, je l’avoue que ce soit pour le grand ou le petit écran, ou encore pour une bande dessinée, une adaptation d’un livre que j’adule sera forcément moins bien que l’œuvre originale ! Forcément ! Et quand je vous dis que je suis très difficile à satisfaire dans ces cas-là, vous comprenez tout de suite que si je dis avoir énormément aimé cet album c’est qu’il est proche de la perfection.
Cati Baur nous offre une très belle vision de la Vill’Hervé, de ses habitants, de ses fantômes et de ses invités. J’aime beaucoup « son coup de crayon » et les couleurs de ce premier tome (avec une petite préférence pour Bettina et Charlie). La Vill’Hervé est presque telle que je l’avais imaginée, la petite tribu des Verdelaine toujours aussi attachante et l’arrivée de tante Lucrèce toujours aussi redoutable.
Je ne peux que vous encourager à vous procurer cet album (mais auparavant, si ce n’est pas encore fait, il faut absolument vous pencher sur les 4 tomes écrits par Malika Ferdjoukh. Comme pour allumer une chaudière, pour faire les choses bien, il faut les faire dans l’ordre ;-) ).
Il faut néanmoins que je vous mette en garde contre les seuls points négatifs de cet album. Tout d’abord c’est qu’il vous donne une furieuse envie de relire le texte original et franchement avec ma PàL, ce n’est vraiment pas raisonnable. Mais comme je suis faible, vous aurez compris que j’en suis déjà à la page 77. Le second point négatif est qu’il risque de mettre à mal votre patience naturelle dans l’attente des tomes suivants !

18:09 Publié dans My side of that story | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
17.01.2011
Miss Mackenzie, Anthony Trollope
« Nous sommes dans l'Angleterre victorienne. Margaret Mackenzie, une vieille fille de trente-cinq ans, fait tout à coup un bel héritage. Bientôt les prétendants se pressent... Désemparée, elle hésite entre son cousin John Ball, veuf et père d'une nombreuse famille; Samuel Rubb, l'associé de son frère, quelque peu filou ; et le révérend Maguire, qui aurait été si beau sans son œil défectueux. La situation se complique lorsque l'héritage est remis en cause...Il va falloir à Miss Mackenzie beaucoup de sang-froid pour sonder son cœur et éviter les pièges qu'on lui tend. »
C’est le premier titre d’Anthony Trollope que j’ai lu et j’ai vraiment passé un bon moment en compagnie de son héroïne.
J'ai trouvé le style et le ton de l’auteur admirables surtout dans sa façon de décrire ses personnages. J'ai éclaté de rire pas mal de fois (surtout lorsque Miss Mackenzie déménage pour la petite ville de Littlebath et fait la connaissance de ses habitants).
Il y a pas mal de rebondissements et je me suis souvent demandée comment tout cela allait finir. Quel soupirant allait faire craquer Margaret ? Allait-elle rester célibataire ? Ferait-elle le bon choix ?
On peut dire que les diverses demandes en mariage qu’elle reçoit tout au long du roman ne donnent guère envie de les accepter. La pauvre jeune femme qui se retrouve soudain à la tête d'une petite fortune et qui n'a aucune expérience du monde, quelle fermeté de caractère pour pourvoir repousser ses différents soupirants uniquement attirés par sa rente annuelle ! Car si Margaret est douce et généreuse, c'est loin d'être un esprit faible et influençable. Cela en fait un personnage très intéressant et tellement bien décrit. Comme tous les personnages de ce roman d'ailleurs qui sont d'un réalisme saisissant.
C'est un excellent livre et j'en viens à regretter le peu de traductions qui existent de cet auteur (je ne me sens pas capable de le lire en V.O) disponibles ( en poches ou autres). Quel dommage. En tous cas, je vous conseille vivement ce roman.
« Combien le monde a tort d’unir si étroitement la capacité de sentir et la capacité d’exprimer, tort de penser que l’une implique l’autre, ou que l’incapacité de l’un donne l’incapacité de l’autre, tort de confondre l’art technique de l’homme qui chante avec la tendresse altruiste de l’homme qui ressent. Mais le monde choisit de les unir et, par conséquent, ceux qui s’expriment mal ont honte de leurs sentiments. »

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